Un petit article de pur ego sur l'évolution de mon style littéraire entre l'an 2000 l'an 2010. Le Projet EMGOH et Cpu Killer à part.

Il y a dix ans, j'étais persuadé que tout devait être très compliqué dans un livre. Les phrases, les personnages, les twists, la psychologie. Pour moi, une bonne histoire était forcément embrouillée. C'était l'époque de FF7, Xenogears et Evangelion, en même temps. Mais toutes mes histoires étaient d'invraisemblables sacs de noeuds ou chaque red-shirt avait un background qui aurait eu du mal à tenir sur un annuaire en papier bible.
La nouvelle constituait pour moi une sorte de frustration extrême, que je résumais à l'impossibilité complète de faire tenir quoi que ce soit d'intéressant en moins de 700 000 caractères, alors à fortiori 50 000, ou 1500, ou 300... Ou un Haïku, on en parle pas.

Et puis m'est tombée dessus la fatalité. Vie sociale, études sérieuses, manque de temps, pratique d'activités physiques non masturbatoires, bref, il est devenu plus compliqué de pondre des textes aussi longs et embrouillés qu'avant. Chaque année qui passait était donc une marche de plus sur l'autel de la RAGE. Rah, rah, impossible d'écrire autant que je voudrais blabla.
Le point positif, c'est que j'ai commencé, contraint et forcé, à écrire des textes plus courts et que je me suis rendu compte que j'avais de plus en plus de mal à me souvenir de mes propres intrigues quand je devais les laisser en plan trop longtemps faute de temps.

Entre 2006 et 2009, je crois que le nombre moyen de personnages dans mes histoires a été divisé par trois, et le nombre de sub-plots par quatre. Cpu Killer est à part, c'est aussi un exercice de style. Plus j'ai écrit sous contraite (de temps, d'AT, de fatigue) et plus j'ai essayé d'aller vers le simple, le direct, et de tendre vers le narratif efficace.

Il y a a mon avis deux défauts terribles qui font saigner les yeux des bêta lecteurs de SFFF tellement ils sont répandus :
- Les histoires tellement compliquées qu'on ne s'en sortirai pas sans douze ou quinze tomes. Le problème, c'est que tout le monde ne peut pas pondre Le Trône de Fer. Moi en tout cas, je pense que je n'en suis pas capable. Je préfère désormais Une grosse plot line avec cinq, six sub plots, quitte à ne pas m'attarder sur la vie du moindre garde de la moindre porte du moindre donjon. Ca m'a fait abandonner pas mal de conneries à base de sidekicks orphelins, de je suis ton père et autre "hahaha en fait j'étais pas mort", qui étaient assez récurrents dans mon adolescence. J'ai un peu zappé le côté mythologie (au sens Dieux qui se pointent sur Terre pour foutre la merde). C'est pas plus mal, croyez moi.

- La confusion de la pensée dissimulée sous le flou de la syntaxe (c'est François Cavanna qui utilisait cette phrase en parlant du point virgule). J'ai essayé de devenir de plus en plus simple. On peut en dire tellement plus en tellement moins de mot. Est-ce que j'ai besoin de décrire chaque muscle qui n'existe pas d'un lutteur redoutable alors que je peux simplement utiliser une phrase de dix mots où je le décris comme une énorme jocko sous amphétamines ? Petit à petit, j'essaye de faire mieux, plus simple et plus court. On est d'accord que les Haïkus c'est pas bien, hein. Mais en écrire, même de mauvais, est un bon exercice. Ou tu arrives à exprimer ta pensée en treize syllabe, ou tu perds. C'est cruel et efficace.

Bref, tout ça pour dire que même si je suis moins productif en terme de quantité, j'ai de moins en moins envie de jeter mes écrits à mesure que je les désembrouille (les versions de Kaulas* de 2006 ou 2007 feraient pleurer les versions de 1999 tellement elles sont simples et funky).

J'avais prévenu que ce post était une vraie bataille d'ego. Prochain post : un portrait de le Internets.

Pour ceux qui m'ont emandé ce que c'était (bande de n00bs) je referais un post explicatif !

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* Si jamais des dinosaures me lisent